destinations possibles ou retour en terrain connu

en novembre 2013, j’ai choisi de quitter la france pour vivre une grande aventure, pour faire un tour du monde. aujourd’hui, j’ai choisi de rentrer. est-ce pour autant que le tour est un échec? non. que le voyage est moins dingue que ce que j’avais imaginé? tout le contraire. est-ce pour autant que je rentre pour rester? pas forcément. j’ai fait le choix de partir alors que je n’avais pas d’attaches particulières, je pouvais faire ce que je voulais. en étant loin, en voyageant, je n’avais pas d’attaches non plus et j’étais aussi libre de rentrer.

lorsque j’ai dit au revoir à la france en 2013, j’avais des rêves et des idées plein la tête. inspirée par de nombreux voyageurs que j’avais lu ou avec qui j’avais discuté, tout devenait possible et j’étais prête à devenir une vraie aventurière. je voulais faire un tour du monde, en prenant mon temps, en bossant par-ci par-là et en utilisant l’avion le moins souvent possible (raisons écologiques, tout ça). j’ai commencé mon voyage en argentine et un peu plus de 19 mois plus tard, j’étais toujours en amérique latine (j’ai pris mon temps), les économies avaient bien baissé (j’ai bossé mais pas en échange d’argent), j’ai pris l’avion plus que prévu (argentine – alaska, pas trop bon pour l’environnement celui-là…) et je n’ai pas fini le tour. mais rien de tout ça n’a vraiment d’importance parce que j’ai suivi mes envies, mon instinct et les opportunités qui s’offraient à moi sur un plateau de plastique, à défaut d’argent (on est backpacker ou on ne l’est pas 😉 )!

quand je suis partie, l’idée de voyager longtemps, 5-6 voir 7 ans, en faisant le tour du globe donnait au périple un goût de folle aventure qui impressionnait les uns et faisait rêver les autres. j’ai pris la route pour relevé ce défi de voyage au long cours, pour enfin réaliser ce rêve de tour du monde. et j’ai eu raison! la première année fut incroyable, les rencontres et les expériences étaient plus dingues les unes que les autres et l’envie de vraaaaaaaiiiiiment prendre mon temps toujours bien présent. néanmoins, en parallèle grandissait le manque, de ma famille, de mes amis, de relations stables. j’avais d’ailleurs écrit un article sur les au revoir qui devenaient de plus en plus difficiles. je sentais de plus en plus la distance, le gouffre qui se creusaient chaque jour entre la vie de mes proches et la mienne. ce n’est pas pour autant que je voulais leur vie, j’étais encore ravie d’être à la découverte de nouveaux paysages, de nouvelles cultures et de moi-même mais le trou était là.

c’est quoi finalement faire le tour du monde?

si je m’arrête maintenant, est-ce que j’en ai moins fait que celui qui a fait le tour?

 

 

 

de temps en temps, l’idée de rentrer me traversait l’esprit. notamment au moment des fêtes en 2014, deuxième noël que je ratais. mais dans ma tête je ne voulais pas « abandonner » et il y avait encore tellement de choses, d’endroits que je voulais découvrir. tiraillée entre le mal du pays et l’envie de continuer, de vivre l’aventure jusqu’au bout, j’ai commencé à me demander ce que ce voyage signifiait vraiment. quel « bout »? comme si la terre avait un début et une fin. le bout de mon itinéraire? je n’avais pas d’itinéraire défini puisque mon temps était indéfini. puis, c’est quoi finalement faire le tour du monde? il y en a bien qui font « le tour du monde » alors qu’ils font du city hopping d’un continent à l’autre, le tout dans un temps souvent très limité, un an ou moins (pas une critique, juste une constatation). dans le même temps, j’avais seulement parcouru l’argentine, le chili et une partie de l’alaska et ça me paraissait déjà trop peu de temps car il y a tellement à voir dans tous ces pays. si je m’arrête maintenant, est-ce que j’en ai moins fait que celui qui a fait le tour? en fait non, j’en ai peut-être même fait plus mais dans moins de pays. et de toute façon, qui tient les comptes ? ce n’est pas une compétition après tout. j’ai choisi de vivre le voyage différemment et au final ce n’est pas le nombre de destinations qui importe ni le temps passé dans chacune d’entre elles mais comment on se sent à chaque étape du voyage. quand je choisissais de rester quelque part plusieurs semaines ou mois c’est parce que j’y étais bien ou j’y avais un projet à réaliser. si je n’aimais pas vraiment un endroit, je partais. les visas limitent aussi ce temps mais « where there’s a will there’s a way » ou en français « quand on veut on peut ».

 

alors si le but c’est tout simplement de se sentir bien, d’être heureux, pourquoi ne pas rentrer ?

après plus d’un an et demi sur la route, c’est normal que la famille et les amis me manquaient et rien ne m’empêchait d’être à leurs côtés sauf mes propres décisions. donc, après réflexion, je réservais un billet retour pour l’angleterre depuis le costa rica. ma sœur terminait ses études et je savais que mes parents seraient là pour sa remise de diplôme début juillet. le moment parfait pour leur faire un coucou surprise et d’être auprès d’elle pour lui dire à quel point je suis fière d’elle et combien je l’aime alors que débute une nouvelle étape de sa vie. en plus, c’est l’été, je n’aurai pas pu choisir meilleure période pour profiter de la joie des beaux jours, des bonnes salades du jardin et des douces soirées entre amis. je ne vois pas le retour comme un abandon ou un échec par rapport à mon projet (ou plutôt idée) initial. j’avais une idée, un rêve fou mais finalement j’ai beaucoup improvisé ces 19 mois de voyage et j’ai vécu des choses incroyables dont je n’avais même pas rêvé, donc pourquoi ne pas improviser un retour pour revoir mes proches si le cœur m’en dit et que ça me rend heureuse ? rien ne me retenait, tout comme rien ne m’a retenu d’aller jusqu’en alaska depuis l’argentine ou de rester 2 mois rien qu’à cali et ne rien voir du reste de la colombie juste pour l’amour de la salsa. et ce ne sont que deux exemples !

 

et le voyage dans tout ça ?

j’irai où le vent me portera…

je ne sais pas, toutes les portes restent ouvertes et les idées fusent plus que jamais ! aucune destination ne va disparaître pendant que je profite de ma famille et de mes amis. la colombie et l’amérique centrale seront toujours là quand je déciderai de repartir. la traversée du pacifique sera toujours faisable l’année prochaine ou plus tard. certes, les pays évoluent, changent mais on ne peut pas tous les voir d’un coup de toute façon alors pourquoi se presser ? et qui sait ? le vent me portera peut-être ailleurs… vers l’est, vers le sud, vers le nord… ou vers de nouveaux projets à proximité de mes proches. je rentre mais je n’ai toujours pas de « chez moi » et le voyage m’a prouvé plus que jamais que tout est vraiment possible et que tout est une question de choix!

un grizzly? quel grizzly..? ah, celui-là!
helsinki, le début d’une nouvelle aventure

sophie

partie pour un voyage au long cours, sans plans mais avec de grandes idées. voyageuse dans l'âme, moitié française, moitié anglaise, sophie a toujours eu un réel plaisir à apprendre de nouvelles langues et à découvrir le monde. sage mais folle, improviste mais organisée, solitaire mais sociable, elle part à l'aventure, pour le meilleur, pour le pire et tout ce qu'il y a entre.

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